Lundi 30 juin 2008
Invisible 1 (mp3, 17'33, 23.8 Mo), 2008, réalisation robin R.
avec David Chapuis, Xavier Thomas et Marine Richard.


Invisible 1 est une première expérience d’exposition sonore. Elle convie trois regards, trois interprétations sur la fin d’une exposition in progress majoritairement picturale (peinture, dessins, vidéo), intitulée successivement “Lunes #1, Lunes #2, Soleils #3”, un projet proposé par Robin Decourcy lors de sa résidence à Euphonia de mars à juin 2008. Ces expositions ont vu accrochées et installées les œuvres de Christophe Boursault, Brut-le-Faux, Alexandre Gerard, Matthieu Montchamp, Bard O Kristiansen et Hubert Suquet.
Les œuvres ont disparu, les commentaires sont restés. Ils s’entrecroisent dans l’espace évidé.




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Mardi 20 mai 2008













































































Images : Robin Decourcy, dans le cadre de sa résidence à Euphonia, mars-juin 2008.

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Dimanche 16 mars 2008
kar-005.jpgS'il fallait vous présenter mes miettes préférées de ce pudding que fut l'Anniversaire de l'Art, fofolle émission de variétés conçue par Radio Grenouille le 17 janvier 2008 en l'honneur de l'initiative de Robert Filliou, je vous parlerais de celles-ci.

Pour commencer : une “chanson” (mp3, 3'18, 4.5 Mo) de DjpP, dont j'ignore le titre mais qui devrait se retrouver bientôt sur un vrai disque, inch'Allah ! Du travail de DjpP alias François Billard, son site en parle en long et en large et vraiment mieux que personne, mais comme il est souvent indisponible, à l'instar de son myspace qui, comble de tout, ne présente aucun titre à l'écoute (!), il faut quand même dire ici combien sa musique est autant (faussement) discrète que (véritablement) fine et précieuse. La voix déraillée, tantôt gaillarde tantôt hébétée, les textes assez brouillés pour qu'on ait envie de revenir s'y perdre, cachent bien – et malicieusement – une certaine sophistication des bandes musicales. Occupant le créneau périlleux car hyper-saturé de la “boucle”, ses musiques nous bercent et nous bernent par les multiples entrelacs qui y ont été glissés. C'est souvent délicieux. Billard/DjpP mérite bien davantage d'écoute, alors pour une rencontre avec l'individu sans kilt mais avec rouflaquettes, je vous conseille d'écouter ce Salon de musique de février 2007.



Pour continuer dans le charme de cette nuit d'hiver, il faudra détendre l'oreille à l'intervention (mp3, 9'24, 12.8 Mo) du “DIAL-A-DIVA dance band DJ” alias Zoë Irvine. Cette artiste sonore de Glasgow emprunte ici comme pseudonyme le titre de son projet téléphonique planétaire DIAL-A-DIVA. Elle présente ce qui s'apparente à de la sélection de disques en bonne et due forme. Bon sang mais c'est bien sûr, le téléphone, malgré ou grâce à son spectre réduit, va comme un gant au gramophone ! et les 78 tours peuvent ainsi se moquer des kilomètres comme du temps qui les sépare de nous. La suite du programme continuera de fêter l'analogique.



Olivier Zol est venu avec sa petite table de mixage et ses deux câbles. Bouclée sur elle-même (c'est-à-dire, en gros, la sortie branchée sur l'entrée) et manipulée d'une certaine manière (voir cet extrait vidéo d'un concert à la lampe), la table de mixage révèle des sons inouïs, habituellement cachés ou bien soigneusement évincés de ce qui s'avère être une palette extrêmement riche. Une performance (mp3, 6'19, 8.6 Mo) à écouter pas forcément très fort (quoi qu'en disent les snobs) mais avec tout le corps (quoi qu'en disent les autres). D'Olivier Zol, voir aussi le travail audiovisuel ainsi que, parmi les réalisation de son label Bourbaki, et ce dans un registre étonnamment différent, les compositions Pianos Fer dont il faudrait créer l'occasion d'en parler car il y a à dire...



Et puis pour terminer, la cerise sur les miettes, sur le coin de table dans le pli de la nappe, un exemple parmi d'autres du karaoké qui a eu lieu ce soir-là : Boys don't cry (mp3, 2'39, 3.6 Mo) entamé par John Deneuve, poursuivi par Emy Chauveau et achevé en spéciale dédicace pour ses “garçons”. Puisque tous les prétextes sont bons, il ne faut pas hésiter à aller à la rencontre du travail de John Deneuve, prolifique (son site renvoie à d'autres pages où ses pièces musicales, sonores, radio, sont librement téléchargeables ; à souligner notamment la fondation nouvelle d'un netlabel : Ponyclubinternational), et d'Emy Chauveau, artiste non moins foisonnante, dont on peut trouver des traces désorganisées ici et , par exemple.



Les restes de l'émission Anniversaire de l'Art peuvent être consommés au frigo de Radio Grenouille.

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Vendredi 22 février 2008
« En musique, nous devrions nous contenter d'ouvrir les oreilles. Tout peut entrer musicalement dans une oreille ouverte à tous les sons ! Non seulement les musiques que nous jugeons belles, mais la musique qu'est la vie elle-même. Par la musique, la vie prendra de plus en plus de sens.
Mais vous voyez bien qu'il faut, d’une certaine manière, abandonner la musique pour qu'il en soit ainsi. Ou du moins, ce que nous appelons musique ! (…)
Si nous acceptions de laisser de côté tout ce qui s'intitule “musique”, toute la vie deviendrait musique ! »


John Cage, Pour les oiseaux, Éditions de l'Herne, 2002, p. 65.

Trace d'une performance (mp3, 5'38, 10.2 Mo), enregistrée par Camille Olivier pendant l'atelier Écrire, par hasard ? animé par Sebastian Dicenaire les 15 et 16 février 2008.

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Jeudi 9 août 2007
Le poulpe est une hyper-installation qui s'étend sur plusieurs lieux dont l'un est la friche Belle de mai à Marseille. À chaque endroit, c'est une installation faite de points de captation et de diffusion avec, entre les sources et les points d'écoute, un automate informatique qui échantillonne, retarde, inverse, découpe ou agrège les sons captés, conduisant ainsi à une perception inhabituelle du lieu. Les différents lieux sont reliés entre eux par un audiostream que l'ont peut écouter par Internet. Quelques détails ainsi que comment écouter se trouvent en cliquant ici.

Jeudi 9 août 2007
16h18–16h58


C'est un jour de vent qui souffle par bourrasques. Chaque bourrasque charrie, amène et emporte, des bouts d'hurlements fantomatiques. Ce vent balaie une terre indistincte qui se dérobe. C'est à se demander dans quelle sorte d'atmosphère on se trouve, si le sol existe sous nos pieds ou bien si tout n'est qu'air. C'est comme si chaque bourrasque, chargée de quelque chose de granuleux (on pense au sirocco, vent sableux, qui souffle parfois jusqu'en Europe), déposait son sable en passant, pour former un moment une masse où se reposer - de la terre ferme - jusqu'à la prochaine rafale qui remporte tout.
Finalement, ces voix fantomatiques ne sont peut-être pas baladées par le vent, elles semblent plus lourdes que lui : un brouhaha de paroles graves perdure.
Et puis, plus de trace humaine, simplement un souffle qui oscille, de gauche à droite et inversement.
Instabilité. Divers éléments font penser à de la pluie : craquements, égrenages, goutte-à-goutte... Le souffle prend des formes oblongues, il se déforme. On hésite : c'est métallique, c'est électrique, c'est pyrotechnique. L'instabilité est confondante, malcommode. Cette pluie est acide, ces crépitements sont ceux d'armes à feu. Les entrechoquements de lames métalliques semblent coupants. Malaise.
Disparition. Résonance.
On respire dans le lointain. Je veux dire : on respire par le lointain. Les sons sont à l'écart, ils ne nous touchent plus. Puis reviennent aussi près. Le principe est le même, mais les bourrasques forment de temps en temps un "tas" : un nuage crépitant, inquiétant comme un essaim de guêpes. Des voix encore. L'endroit est définitivement habité, par des bouts de gens, par des bribes de gens. Ce qu'ils se disent nous échappe, ça se passe sans nous.
Stop.

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Mercredi 11 juillet 2007
Concert de fin de résidence, 11 juillet 2007, 17h30.
extrait 1 (mp3, 7'36, 10.4 Mo), extrait 2 (mp3, 9'59, 13.6 Mo).


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Officiellement, Fabrice Césario était en résidence à Euphonia depuis le mois d’avril pour préparer un concert à Mains d’Œuvres, le 18 juillet 2007, dans le cadre de Grenouille Capitale. Officieusement, il s’est employé à éventrer, disséquer – pour ne pas dire charcuter – une bonne demi-douzaine de poupées et de jouets enfantins soi-disant inoffensifs, mais qui, après être passés dans ses mains, se sont mis à montrer – pour ne pas dire cracher – leurs vrais visages d’une effrayante réalité.

C’est en effet lors de cette résidence que Fabrice, introduit au circuit-bending par Andy Bolus (Evil Moisture), a véritablement entrepris d’ajouter des jouets déglingués à son instrumentarium habituel. Fabrice Césario est un perturbateur qui sème son grain dans les machines bien huilées que nous offre le marché. Plutôt que de se laisser dompter par la technologie, il cherche à en faire l’instrument de son expression en la déréglant, en construisant sur ses défauts et ses limites.

Au cours de ses deux mois de résidence, Fabrice aura également enregistré un nouvel album de Laps (duo avec le peintre Brice Quaranta), fait la création sonore de la pièce Trois petits cochons mise en scène par Laurence Janner au Badaboum Théâtre, collaboré avec la poétesse Emy Chauveau pour deux performances (Léda Atomica Musique à Marseille et Galerie Sug’art à Cannes), mené une séance de travail sur l’improvisation avec des jeunes diplômés des Beaux-Arts de Marseille et enregistré un solo de synthé monophonique. C’est dire s’il s’évertue à déplacer sans cesse son action artistique. Extraite souvent d’un « geste raté » – raté mais répété, « systématisé », sublimé – la matière sonore que fait sourdre Fabrice de ses instruments n’est detinée à devenir musique que par l’accord de notre écoute. Tâchons que celle-ci soit ouverte et qu’elle continue de s’ouvrir.

Après avoir accueilli Fabrice quelques jours en 2006 pour la construction d’un numéro de Radia, nous étions heureux de pouvoir lui offrir un espace d’expérimentation sur une période plus longue grâce à cette résidence.

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Jeudi 21 juin 2007
DSCF3761.JPGDSCF3750.JPGDSCF3765.JPG
Le 15 juin 2007 à 11h, Fabrice Césario – circuit-bending et improvisation musicale – live à Euphonia devant une classe de troisième. Extrait (mp3, 10'04, 14 Mo).

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Jeudi 21 juin 2007
Premier article publié sur le blog point

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