Jolie incongruité que la rencontre de l'entertainment télévisuel décontracté des années 60 avec l'avant-garde musicale la plus nonsense et un jeune pianiste gallois qui vivra
d'autres aventures par la suite.
En 1963, John Cage organisa pour la première fois la rendition dans son entièreté des Vexations d'Erik Satie, une pièce pour piano consistant en un seul motif répété 840 fois. La
performance dura plus de 18 heures.
Sur le plateau de “I've got a secret”, deux invités-mystère se prêtent au jeu des devinettes : John Cale, futur membre du Velvet Underground, qui fut l'un des douze pianistes à se relayer lors de
la performance, et un comédien de Broadway, Karl Schenzer, l'unique spectateur qui resta dans la salle du début jusqu'à la fin du concert.
Dans Pour les oiseaux (Éditions de l'Herne, 2002, p. 184), John Cage raconte : « Beaucoup de gens étaient au courant de ce qui allait se passer. La plupart ne voulurent pas venir,
parce qu'ils pensaient qu'ils savaient ce qui allait arriver. Et même ceux d'entre nous qui jouaient pensaient que nous allions vers quelque chose de répétitif : nous autres, les pianistes, nous
devions bien être au courant. Mais il arriva ceci, que dans le cours, justement, de ces dix-huit heures d'exécution, nos vies changèrent. » À propos des Vexations, voir les articles
anglais et français de Wikipedia, et la page de l'Université de Hanovre pour un enregistrement complet et une analyse très fournie de l'interprétation. On peut écouter sur Ubuweb une
version “sans piano” par divers instrumentistes, peut-être un peu tirée par les cheveux mais plus divertissante car forcément
plus variée.
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