Lundi 8 octobre 2007
« La philosophie moderne nous enseigne en gros dans son essence que chaque homme est seul, et qu'il n'est en communication avec les autres que d'une façon extrêmement fragile, par des paroles qui ne veulent pas dire ce qu'on voudrait leur faire dire et qui n'ont pas, pour les personnes qui les écoutent, le sens que la personne qui les a prononcées aurait voulu leur donner. Il y a une sorte d'articulation entre les hommes par les paroles qu'ils prononcent, mais c'est un mauvais engrenage, où il y a du jeu, des manques.
(...)
... avec un poste émetteur, on imagine très bien les individus chez eux, bien au chaud, en plein dans leur rêverie, appelant tout près d'eux, dans leur intimité, d'autres individus au moment où ça leur “chante”, comme on dit, simplement par la parole.
(...)
C'est une sorte de civilisation qu'on pourrait presque appeler primitive, puisqu'il n'y aura plus toute cette vie de société par laquelle les hommes sont tous demi-présents les uns aux autres. Il y aura dans cette solitude une sorte d'appel plus pressant, plus vrai, et peut-être une possibilité de réponse venant de loin, d'un endroit où la personne qui parle n'aurait peut-être pu aller. »

Entre les lignes de Radio et solitudes (pdf) de Brice Parain, philosophe français (1897-1971).

par etienne publié dans : à propos communauté : ECOUTE ECOUTE
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